Un tribunal doit juger, non pas des hommes, mais des faits.
Roman Polanski, cinéaste de son état, a, un beau jour, violé une fillette de 13 ans, alors que lui même en avait déjà 45. Oui, violé. Sans grande violence physique, mais à l'aide de substances plus ou moins byzarres. On appelle ça un acte de pédophilie, aggravé par de la préméditation.
A l'époque, le juge négocie. Le cinéaste paye, le tribunal ne retient que le détournement de mineur, et l'affaire semble se tasser. Puis le magistrat se ravise, et c'est là que l'artiste prend la tangeante, craignant une peine largement plus sévère.
Depuis, la victime, qui n'est jamais revenue sur cette version des faits, n'est intervenue dans les medias que quelques fois, mais pour défendre son agresseur. Lequel ne lui a, semble-t-il, jamais adressé un seul mot de remerciement, d'excuses ou même de regret. Aujourd'hui, c'est à son tour d'avoir dépassé la quarantaine. Elle ne demande qu'une seule chose : qu'on lui foute la paix, qu'on oublie ce procès.
Alors, je me répète: un tribunal doit juger, non pas des hommes, mais des faits. Des faits, qui, en l'occurence, sont établis, reconnus par les deux parties. Le préjudice, à priori, a été réparé en espèces. Est-ce suffisant ? Selon la victime, oui.
Reste la faute, ou plus exactement le crime. Or, qui dit crime, dit sanction, non ?